Dans le cadre du dispositif d'accompagnement des réformes hospitalières, la clinique Jules Verne - née en 2004 du regroupement de 2 cliniques mutualistes et de 2 cliniques privées - s'est inscrite dans une démarche MEAH sur la gestion et l'organisation des blocs opératoires. Soit un plateau technique de 20 salles, dont le chef de bloc est Christine Cartier depuis juillet 2007. Infirmière de bloc opératoire de formation, cadre de santé dans le domaine de la pneumologie chirurgie cardiaque au CHU de Rennes puis responsable des 49 salles opératoires du CHU, Christine Cartier a été chargé par la clinique d'optimiser l'utilisation du plateau technique et de procéder à son informatisation.
L’ARH et la MEAH ont réalisé l’an dernier un diagnostic du bloc opératoire de la clinique Jules Verne. Quels en ont été les principaux enseignements ?
Christine Cartier : En octobre 2007, une première étude réalisée par l’ARH a montré qu’en moyenne, les salles d’opération de la clinique étaient occupées à 83% dans le secteur PSPH - un résultat proche de la recommandation de la MEAH - mais seulement à 73% dans le secteur anciennement sous OQN. Nous avions constaté à l’époque des déperditions dans l’utilisation des salles – salles vides et vacations non utilisées et non réattribuées – qui engendraient une perte d’activité opératoire. Pour améliorer le taux d’occupation du secteur OQN, nous avons utilisé la technique de la « bourse » aux vacations en intégrant chaque semaine, à moyen constant, 5 vacations chirurgicales supplémentaires sur la base des absences prévisionnelles des praticiens. Nous avons aussi mis en place toutes les semaines, grâce à l’aide de la MEAH, une validation des programmes opératoires afin d’obtenir une cohérence dans la programmation et de diminuer le taux de débordement. Depuis que ce dispositif existe, l’activité du bloc a augmenté. Mais il reste encore à améliorer la mobilisation du personnel de bloc.
Quelle est la situation ?
C.C.: Une seconde étude menée par la MEAH a montré que nous avions un faible taux de mobilisation des infirmières. Cela est essentiellement dû à la règle des 7h36 de temps de travail quotidien qui entraîne un taux de chevauchement de personnel de bloc très important entre 12h30 et 15h30. Sur cette tranche horaire, nous avons une inadéquation entre le nombre des personnel et l’activité. Notre idée est donc de modifier les horaires du personnel afin de mettre en place des grandes ou des petites journées de travail et diminuer ainsi les temps de chevauchement. Nous voulons dégager un pool interne pour augmenter l’activité chirurgicale à moyens constants et faciliter la formation continue des personnels. Le personnel de bloc opératoire est rare sur le marché de l’emploi, il est dommage de gâcher cette ressource.
Le personnel est-il favorable à cette démarche ?
C.C.: Nous fonctionnerons sur la base du volontariat. Nous voulons convaincre du bien fondé de notre démarche, et non l’imposer. Nous sommes, par exemple, en négociation avec le secteur de l’orthopédie. Dans ce domaine, les personnels pourraient passer à des nouveaux horaires dans le courant du second semestre 2008. Cette modification des horaires permettrait aussi de former davantage d’aides opératoires et d’instrumentistes en dégageant du temps pour doubler du personnel. Nous espérons pouvoir généraliser cette nouvelle répartition du temps de travail en 2009.
En parallèle, l’établissement a lancé un chantier pour l’informatisation du plateau technique. Comment avez-vous procédé ?
C.C.: Nous avons opté pour un logiciel de gestion de bloc articulé avec un logiciel de pharmacie. Un choix assez novateur. Ce dispositif nous permet de saisir les indicateurs d’activité du bloc opératoire. Une infirmière signale en scannant un code-barres l’entrée du patient, l’incision, la fermeture et la sortie de salle du patient. Cela nous permet de suivre en temps réel sur un écran géant l’activité opératoire de chaque salle et d’en optimiser l’utilisation.
Dans le même temps, l’infirmière scanne les dispositifs médicaux implantables utilisés par le chirurgien. La pharmacie connaît immédiatement nos consommations. Nous gérons aussi directement nos stocks, notamment pour le matériel d’orthopédie que nous commandons directement depuis le bloc. Ce système optimise la facturation et permet une traçabilité des DMI à 100%. Une seconde phase de déploiement est en cours : elle permettra dans une démarche de qualité la mise en place de protocoles pour signaler notamment les événements indésirables.
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