Stéphane Bruand, dirigeant issu du monde de l'entreprise, est chargé de mission du projet « équipage » pour le Centre Hospitalier Félix Guyon à la Réunion. Il explique son rôle de consultant de proximité, qui est de proposer un appui méthodologique et des outils très opérationnels aux cadres, dans une démarche d'amélioration continue. Douze hôpitaux volontaires expérimentent actuellement cette démarche initiée par la MeaH .

Comment concevez-vous votre mission au sein du CH Félix Guyon ?
Stéphane Bruand : Le rôle du chargé de mission équipage est de créer une véritable dynamique de changement au sein de l'ensemble de l'hôpital. Il doit être envisagé non comme un expert ou un auditeur mais plutôt comme un véritable facilitateur, soucieux de faire émerger les meilleures idées du terrain, renforcer la capacité d’un groupe à travailler ensemble et mettre à disposition des équipes une palette d’outils pour piloter leurs projets. Je passe beaucoup de temps à rencontrer les professionnels de l’établissement, à réfléchir avec eux aux marges de manœuvre pour améliorer l’efficience de leur organisation et à mettre en forme les solutions de bon sens qu’ils ont en tête. Je propose aux cadres qui participent aux groupes de travail que j'anime aussi bien des outils d'expertise MeaH que des outils simples de management, de communication ou encore des méthodes de résolution de problème
Sur quels projets travaillez-vous ?
Sur la trentaine de chantiers proposés initialement par les équipes, six chantiers prioritaires ont été sélectionnés et validés par le conseil exécutif et la direction: transport interne, circuit du médicament, chirurgie ambulatoire, activités de soins, rôle et missions des secrétariats médicaux et enfin organisation médicale.
Vous avez initié cette démarche depuis un an. Quels sont vos premiers résultats ?
Nous obtenons déjà des résultats tangibles sur certains des chantiers engagés et nous voyons se dessiner des améliorations. S’agissant du chantier sur le circuit du médicament par exemple, nous avons chiffré à 100 Keuros les économies effectuées en 4 mois grâce à la diminution des périmés. Pour la chirurgie ambulatoire, nous sommes passés en 6 mois de zéro à 35 patients par semaine avec une implication de toutes les spécialités chirurgicales. Le retour sur investissement est dans ce cas direct, mais il peut être aussi indirect. A titre d’exemple, la réflexion sur l’organisation des urgences a conduit à un redéploiement des effectifs entre la nuit et le jour permettant la mise en place d’un circuit court. De même le travail sur les secrétariats médicaux a permis de réduire d’un facteur deux les dossiers en anomalie de facturation. Enfin, l’amélioration des conditions de travail doit permettre de diminuer le taux d’absentéisme. Néanmoins, il faudra attendre deux à trois ans pour que ces résultats soient perceptibles au niveau de l’efficience économique de l’hôpital, le temps de déployer la démarche dans tous les services.
Quel est votre sentiment sur la démarche Equipage ?
C’est incontestablement la bonne approche pour initier une démarche de progrès continu dans l’ensemble de l’hôpital. Je pense que le chargé de mission Equipage s'inscrit totalement dans l'esprit de la nouvelle loi HPST, comme un acteur très opérationnel œuvrant pour le "décloisonnement" entre services, fonctions ou statuts et proposant un appui formation-action aux cadres.